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Ainsi donc, l’incendie spéculatif contre la monnaie européenne est provisoirement calmé. Avant d’émettre un jugement, chers internautes européens, un peu de pédagogie.

Contrairement à ce qu’on lit ou entend, la monnaie européenne, l’euro, n’est pas en crise pour sa faiblesse. Cette monnaie est même sérieusement surévaluée par rapport à sa cotation de départ qui équivalait exactement à celle du dollar. Cette monnaie est forte, elle continue à être bien cotée dans les réserves mondiales. Ce qui est en crise, ce sont trois choses ...

-        Bien sûr la situation des finances publiques grecques. Elle était inacceptable au moment de l’entrée de ce cher pays dans l’euro, elle n’a fait qu’empirer à cause notamment d’une gestion des finances publiques catastrophiques, de l’absence d’un système fiable de rentrée des impôts et taxes. 50% de la dette grecque vient d’être abandonnée et ce sont les banques privées qui paieront cette addition, ce qui me semble logique. L’ordre public financier doit passer avant les dividendes des actionnaires.

-       Deuxièmement l’économie grecque, compte-tenu de sa taille modeste, n’est absolument pas une menace pour l’euro. L’absence de solidarité, les tergiversations, les paroles européennes reniées (« nous n’abandonnerons pas la Grèce » ont dit plusieurs responsables), la méfiance vaguement méprisante d’une partie des élites allemandes, tout cela a incité les marchés à spéculer, à opposer la Grèce, contre l’ensemble du système financier. La confiance n’y était pas, alors on pouvait tenter de s’enrichir en jetant par terre certains pays de la zone euro.

-       Troisièmement la vraie crise, c’est nous, pays cruellement endettés, géographiquement surtout au sud de l’Europe, qui l’avons progressivement créée. Les pays qui dépensent plus qu’ils n’encaissent ou ne créent de richesses ont ouvert une boite de pandore qu’il va bien falloir refermer. Et se libérer de l’endettement ne sera pas facile, surtout dans une période qui oscille entre la croissance très molle, et les tentations de récessions. Pourtant, malgré les sondages de popularité des gouvernements, malgré les élections et les caméras braquées dessus, les Gouvernants sont appelés à être jugés non seulement par les urnes mais plus important par l’Histoire.

Toutes les périodes graves ont évacué les Gouvernants dans les méandres de l’histoire, et n’ont retenu que ceux qui se sont hissés, popularité ou non, au niveau du redressement historique d’un pays ou d’un continent. C’est bien la question qui nous est posée : le sommet de Bruxelles a redonné un peu de confiance donc calmé provisoirement les spéculateurs, mais tout cela nous le savons, sont les murs d’une maison qui n’a pas encore sa toiture, c’est une voiture sans volant. Que faut-il de plus ? Fédéraliser la décision économique, budgétaire, financière, préparer un resserrement des écarts de fiscalité sans forcément vouloir un taux unique, et s’avancer vers une fonction régalienne de notre gouvernement économique. 

Le fédéralisme mérite une explication de texte. Ce n’est pas vouloir tout faire à la place de tout le monde, légiférer sur le nombre de dents des poissons, ou sur la taille du tricotage des écharpes. Le fédéralisme, c’est diriger au nom de tout ce que les Etats par eux-mêmes ne peuvent pas faire tout seul. Aux Etats-Unis, référence fédérale intéressante, certains Etats paient beaucoup d’impôts, certains n’en paient pas. Ce n’est pas à l’uniformité parce que l’harmonie du système est garantie par un budget fédéral qui pèse à lui même près du 5e du PIB des Etats-Unis. C’est vers ce système que nous devons aller car dans la guerre économique de la mondialisation, aucun pays (même l’Allemagne qui tire sa richesse principale de son commerce dans la zone euro) ne pèse suffisamment face au géant que sont encore les Etats-Unis, mais que sont devenus les BRIC (Brésil-Russie-Inde-chine). Je ne parle pas de ceux qui réclament la sortie de l’euro qui nous vaudrait au moins deux dévaluations sacrifiant comme toujours les classes moyennes et les classes populaires pauvres. Quant à ceux qui osent faire campagne en demandant à ce que l’on quitte l’Union, qu’ils relisent donc l’histoire : la violence anti-démocratique des formations extrémistes dans l’entre deux­-guerres, avant de s’imposer par des armées de nervis comme ce fut le cas en Allemagne, sont arrivés paisiblement par les urnes en surfant sur le désarroi populaire. En Allemagne notamment.

Le sommet de Bruxelles n’est pas la panacée universelle, mais ce sont de bonnes décisions. La direction est bonne, il faut maintenant aller jusqu’au bout c’est-à-dire créer une direction fédérale de l’économie, et très vite reconstruire un Traité en conséquence.

 
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Michel | le 29/10/11
Et ne vaudrait-il pas mieux regarder la Grèce comme un pays capable de se relever en valorisant ce qu'elle est capable de produire plutôt que de suivre aveuglément les notations de ces agences fumistes : une vue à très court terme et sans grande valeur ? Pourquoi les Grecs sont-ils empêcher d'exploiter le pétrole en Mer Egée ? Sur les hauts plateaux du Péloponèse, ne pourrait-on pas créer des champs voltaïques ? Etc... Tout en dotant la Grèce d'un système de contrôle fiscal draconien évidemment, ce qui lui manque cruellement ! Faut-il céder au chantage des riches grecs, notamment les armateurs, qui sont fiers de pratiquer une charité façon Moyen-Age, envers leur village natal par exemple ?!? Il est évidemment plus simple de mettre les Grecs à genoux. Tout ce spectacle devient pitoyable. Vous citez ce qui a poussé les populations, notamment allemandes, à se tourner vers l'extrémisme, à basculer dans la violence. Que croyez-vous ? Que ces populations auxquelles on impose ces humiliations incessantes, ces constants "efforts" à produire, vont encore longtemps accepter cet état de fait ? Croyez-vous que tout cela ne se terminera pas de toute façon dans la violence ? Alors que des "criminels en col blanc" continuent à harceler tout ce qu'ils peuvent, créant des famines en spéculant sur les céréales quand l'acier fait défaut ? ET reste totalement impunis ! Quand vous déciderez-vous à taxer la finance, Bon Dieu ! Plutôt que de prolonger les retraites jusqu'à 67 ou 68 ans, ce qui n'est que de la poudre aux yeux ! Que les multinationales gardent déjà leurs travailleurs jusque 65 ans plutôt que de les virer entre 52 et 55 ans et tout ira déjà beaucoup mieux... Un citoyen européen qui l'a (très) longtemps défendue mais qui n'y croit plus du tout !
 
 
Robert | le 28/10/11
Et ne faudrait-il pas également mettre un terme rapidement à une situation ubusesque qui veut que pas moins de quatre responsables aient compétence en matière de politique monétaire : Trichet, Rehn, Juncker et Van Rompuy ? Il nous faut 1 ministre en charge de l'euro issue des rangs de la commission car nous en avons assez des négociations à huit clos entre dirigeants européens. Nous voulons une personne responsable et clairement définie à qui nous puissions demander des comptes. Merci de votre réponse.
 
 
 
21/05/2012 : Session plénière
Lieu : Parlement européen, Strasbourg
Horaire : 15h
15/05/2012 : Conférence "L'Europe : stop ou encore?"
Lieu : Salons-de-Provence
Horaire : 18h30
10/05/2012 : Votes en mini session plénière
Lieu : Parlement européen, Bruxelles
Horaire : 11h30
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« L'accord de Bruxelles, bravo : et après ? »
Déjà 2 réactions des internautes ...
Faut-il aller vers un véritable fédéralisme européen ?
Oui
Non
Intervention en Commission Culture le 13 juillet 2011
INTERVIEW DANS LE TAURILLON MAGAZINE
| 09/05/2012
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